Afin de bien planter le décor, voici, dans les (très) grandes lignes, un aperçu du pays en 2010. Chacun des points évoqués ici mériterait, forcément, de nombreux approfondissements…
Le Kosovo est un petit État des Balkans (10800 km²), enclavé entre la Serbie, la Macédoine, l’Albanie et le Monténégro. Avant l’effondrement de la Fédération yougoslave (1991), le pays avait le statut de « province autonome » au sein de la République de Serbie. La guerre d’indépendance du Kosovo (1999) a mené la Communauté internationale à intervenir sur place et le pays a été placé, jusqu’en 2008, sous mandat provisoire des Nations Unies (MINUK).
Le pays compte(rait) aujourd’hui près de 2 millions d’habitants, dont 92% d’Albanais, majoritairement musulmans, 5,3% de Serbes, orthodoxes et peuplant le nord du Kosovo, et 2,7% de minorités diverses (Rroms, Gorans, Turcs, Bosniaques, Ashkalis, etc).
Le 17 février 2008, le Kosovo a déclaré son indépendance de la République serbe, qu’elle avait quasiment de fait depuis 1999. Le pays tente depuis de se faire reconnaître sur la scène internationale mais reste dans un entre-deux délicat: 67 États membres de l’ONU reconnaissent l’indépendance du pays, dont les États-Unis, la France, l’Allemagne et 20 autres États-membres de l’Union européenne. Nombreux sont ceux ici qui considèrent que ce soutien suffit pour le développement international du pays.
Toutefois, ni la Chine, ni la Russie ne reconnaissent l’indépendance du Kosovo, ce qui bloque notamment son intégration à l’ONU. Le Kosovo a toutefois intégré le FMI et est reconnu par la Banque mondiale. Le monde musulman a majoritairement soutenu la cause kosovare, mais l’Iran, l’Algérie et la Libye, par exemple, y restent opposés. Dans les Balkans, seule la Serbie s’oppose fermement à l’indépendance de son ancienne province. Ainsi, le nord du Kosovo, à majorité serbe, est aujourd’hui contrôlé par Belgrade, le reste du pays, par Pristina.
Pour autant, le pays, avec le soutien des Nations Unies et de l’Union européenne, développe ses propres institutions politiques et judiciaires, ses symboles nationaux et s’efforce de devenir, tant bien que mal, un pôle d’attraction économique. L’indépendance est un état de fait, que l’on peut certes critiquer, mais qu’il est aujourd’hui impossible de remettre en question.
Les problématiques auxquelles est confronté le Kosovo sont nombreuses et complexes: reconnaissance internationale, développement économique, légitimation du système judiciaire, démocratisation, lutte contre la corruption, droit des minorités, stabilité interne, etc. J’essaierai de revenir sur ces questions au cours des prochains articles…
Pierre Bonifassi


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